Douleurs, fatigue, perte de mobilité, tensions liées aux traitements… Le cancer et ses thérapies ont des répercussions importantes sur le corps et la qualité de vie. Encore méconnue dans ce contexte, l’ostéopathie trouve progressivement sa place parmi les soins de support en cancérologie. Approche douce, adaptée et complémentaire des traitements médicaux, elle peut contribuer à améliorer le confort des patients tout au long de leur parcours. Interview de Clément Bes de Berc, ostéopathe à Argenteuil.
Pendant un cancer, les traitements médicaux sont indispensables pour agir sur la maladie. Mais ils peuvent également entraîner de nombreux effets secondaires : douleurs, fatigue, troubles digestifs, tensions musculaires, diminution de la mobilité, perturbation du sommeil, perte de confiance en soi ou encore de l’image de soi.
C’est dans ce contexte que les soins de support prennent toute leur importance. Leur objectif n’est pas de traiter le cancer lui-même, mais d’aider les patients à mieux vivre les traitements et leurs conséquences au quotidien.
Depuis 2017, l’ostéopathie est officiellement référencée par l’AFSOS (Association Francophone des Soins Oncologiques de Support) en tant que soin oncologique de support du cancer (https://www.afsos.org/fiche-referentiel/losteopathie-oncologie-hematologie/) . Une reconnaissance importante pour cette pratique non médicamenteuse, aujourd’hui largement utilisée pour accompagner la qualité de vie des patients.
« Notre rôle n’est jamais de remplacer les traitements médicaux ou de prétendre guérir. Nous intervenons dans l’accompagnement, le confort et la gestion des douleurs. » précise Clément Bes de Berc.
Une ostéopathie adaptée au parcours cancer
Installé à Argenteuil, à quelques minutes de l’association Une Luciole dans la nuit, Clément Bes de Berc exerce l’ostéopathie depuis 2021. Après des formations dans différents domaines (sport, périnatalité), il s’est récemment formé à la place de l’ostéopathie dans le parcours des patients atteints de cancer.
Pour lui, un mot résume cette pratique dans le cadre oncologique : l’adaptation.
« La prise en charge est systématiquement adaptée à la personne et à ses ressources du jour. Si la personne est très fatiguée, on fera une séance plus légère. Si elle a davantage d’énergie, on pourra aller un peu plus loin. » décrit-il.
L’ostéopathie peut intervenir à différents moments :
- Après une chirurgie,
- Pendant une chimiothérapie ou une radiothérapie,
- En période de rémission,
- Ou encore en soins palliatifs.
Les objectifs évoluent alors selon les besoins de chaque patient.
Que peut apporter l’ostéopathie pendant les traitements contre le cancer ?
L’ostéopathie en oncologie agit principalement sur le confort et la qualité de vie.
Parmi les effets recherchés :
- Diminution des douleurs,
- Amélioration de la mobilité,
- Réduction des tensions,
- Accompagnement de certaines fatigues,
- Amélioration du confort digestif ou respiratoire,
- Travail doux autour des cicatrices après chirurgie.
Certaines cicatrices, par exemple après un cancer du sein, peuvent entraîner des adhérences douloureuses et limiter les mouvements de l’épaule ou du thorax.
« Le fait de travailler doucement certaines cicatrices peut permettre au patient de retrouver rapidement davantage de mobilité et moins de gêne dans les mouvements. » souligne Clément.
Au-delà de l’aspect physique, l’ostéopathie peut aussi contribuer à restaurer une relation plus apaisée avec son corps.
« On peut aider les patients à reprendre confiance dans le mouvement et dans leur corps, qui a parfois été très éprouvé par les traitements. » complète également Clément.
Une pratique douce et sécurisée
Contrairement aux idées reçues, l’ostéopathie pratiquée dans le cadre du cancer n’a rien de brutal.
Les manipulations dites “qui font craquer” sont exclues dans ce contexte. Les techniques utilisées sont douces, progressives et toujours adaptées à l’état de fatigue et de fragilité du patient.
« Le but n’est jamais de provoquer de douleur. Tout se fait dans les limites de ce que le patient peut accepter. » relate Clément.
En premier lieu et avant toute manipulation, Clément prend le temps d’écouter le patient afin de mieux appréhender sa situation, d’adapter sa prise en charge et de construire avec lui un programme personnalisé. Ce temps d’écoute est indispensable avant de démarrer la prise en charge car pour de nombreux patients, elle fait cruellement défaut à la prise en charge et même si on a la chance d’être bien accompagné, on reste seul face à la maladie.
Le travail repose principalement sur :
- Des mobilisations douces,
- Des techniques tissulaires,
- Un toucher léger et progressif,
- Une approche très attentive aux sensations du patient.
La sécurité reste une priorité absolue.
« Si quelque chose devient inconfortable ou douloureux, on s’arrête immédiatement. Le patient garde toujours le dernier mot. »
Quels bénéfices ressentent les patients ?
Les retours observés par Clément concernent principalement :
- Une diminution des douleurs,
- Une sensation de meilleure mobilité,
- Un apaisement global,
- Une amélioration du confort quotidien.
Chez certaines personnes, les effets peuvent être ressentis rapidement, parfois dès la fin de la séance. Pour d’autres problématiques, comme la fatigue ou les troubles du sommeil, plusieurs séances peuvent être nécessaires.
« Quand on a moins mal, on bouge mieux. Et quand on retrouve du mouvement, cela joue aussi sur le moral et la qualité de vie. »
L’ostéopathie ne doit cependant pas être envisagée seule. Pour Clément, les bénéfices sont renforcés lorsqu’elle s’inscrit dans une approche globale combinant plusieurs soins de support : activité physique adaptée, sophrologie, réflexologie…
« Plus les approches sont complémentaires et coordonnées, plus le mieux-être du patient peut être important. »
Une approche qui rejoint l’ADN d’Une Luciole dans la nuit
Cette vision du soin fait écho au fonctionnement d’Une Luciole dans la nuit.
L’association propose un protocole “Bien-être cancer” construit sur mesure pour chaque personne accompagnée.
Les soins de support sont régulièrement réévalués en fonction :
- De l’évolution des traitements,
- Des effets secondaires,
- De l’état physique et psychologique,
- Des besoins exprimés par les patients.
Cette réactivité permet d’adapter rapidement l’accompagnement.
Dans ce cadre, l’ostéopathie pourrait constituer un complément pertinent pour certaines personnes confrontées aux douleurs, aux tensions ou aux limitations physiques liées aux traitements.
Un accompagnement humain avant tout
Au fil de son expérience, Clément constate aussi que beaucoup de patients arrivent avec des appréhensions sur l’ostéopathie.
Certains imaginent une pratique trop physique ou inadaptée à leur fragilité.
« Beaucoup pensent que l’ostéopathie se limite aux douleurs de dos ou aux manipulations “qui craquent”. Dans ce contexte, c’est une approche totalement différente, beaucoup plus douce et centrée sur le confort. »
L’écoute, le dialogue et la confiance occupent donc une place essentielle dans chaque séance.
Faire connaître les soins de support
Mieux vivre le cancer ne repose pas uniquement sur les traitements médicaux. Les soins de support jouent un rôle fondamental pour préserver la qualité de vie physique, psychologique et sociale des patients et de leurs proches.
En faisant connaître des approches complémentaires comme l’ostéopathie, Une Luciole dans la nuit poursuit sa mission :
- Informer,
- Accompagner,
- Orienter,
- Et proposer des solutions adaptées à chaque parcours.
Si vous êtes concerné(e) par le cancer, ou si l’un de vos proches traverse cette maladie, n’hésitez pas à contacter l’association pour découvrir les soins de support proposés.
Dès le mois de juin, l’association proposera un créneau pour les adhérents sous réserve du paiement de l’acte (certaines mutuelles remboursent des séances ou un forfait de prise en charge en ostéopathie, vérifiez auprès de votre mutuelle et assurez-vous des compétences du praticien, vous pouvez également en parler avec les professionnels qui vous prennent en charge afin de vérifier les contre-indications et limites éventuelles liées à votre pathologie).
Notre objectif permanent offrir une palette des soins de support et d’accompagnement la plus large possible afin que chaque adhérent trouve la combinaison la plus adaptée à sa situation personnelle.
Une palette de soins de support et d’accompagnement variée et diversifiée, réactivité, adaptation et personnalisation dans la prise en charge : c’est l’ADN d’une Luciole dans la nuit.
Vous pouvez également adhérer à Une Luciole dans la nuit ou faire connaître l’association autour de vous afin d’aider davantage de personnes à bénéficier d’un accompagnement humain et personnalisé.

Clément Bes de Berc est ostéopathe à Argenteuil depuis 2021 (https://www.clementbesdeberc.fr/) . Formé dans différents domaines, accompagnement des sportifs, périnatalité, mobilisations articulaires, il s’est récemment spécialisé dans la place de l’ostéopathie en soins de support oncologiques. Son approche repose sur l’écoute, l’adaptation et une prise en charge douce et individualisée des patients.
Crédits photographiques : Clément Bes de Berc

